L'Algérie rompt ses relations avec le Maroc après une série d'actes hostiles

Publié le : mardi, 24 août 2021 20:49   Lu : 124 fois
L'Algérie rompt ses relations avec le Maroc après une série d'actes hostiles

ALGER - L'Algérie a officiellement rompu ses relations avec le royaume du Maroc ce mardi mettant en avant une série d'actes hostiles commis par le royaume sur une longue période.

Au cours d'une conférence de presse organisée à Alger, le ministre des Affaires Etrangères et de la Communauté Nationale à l’Etranger, Ramtane Lamamra a rappelé toute une série d'"actions hostiles, inamicales et malveillantes à l’encontre de notre pays" dont est responsable le Maroc depuis 1963, date à laquelle le royaume a "déclenché" une "guerre fratricide" contre l'Algérie.

"En 1976, le Maroc a rompu brutalement les relations diplomatiques avec l’Algérie qui venait, avec quelques autres pays, de reconnaitre souverainement la République Arabe Sahraouie Démocratique". Il faudra attendre l'année 1988 pour que les deux pays normalisent leurs relations diplomatiques.

"Le communiqué commun du 16 mai 1988 qui sert de fondement et d’ancrage à la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, est rédigé dans une telle perspective ambitieuse et responsable. Il comporte 4 paramètres essentiels qui cons tituent autant d’engagements inter-reliés que le Royaume du Maroc a acceptés, faute de quoi la normalisation des relations entre les deux pays n’aurait pas été possible", indique le ministre.

"Une volonté de promouvoir entre les deux peuples algérien et marocain des relations permanentes de paix, de bon voisinage et de coopération, et réaffirmation de la pleine validité des traités, conventions et accords conclus entre les deux pays, une contribution efficace à l’accélération de l’édification du Grand Maghreb arabe.

Une contribution au resserrement des rangs arabes autour de la cause sacrée du peuple palestinien, en vue de la satisfaction de ses droits nationaux, y compris son droit à la création d’un Etat dans sa patrie, et de la libération de tous les territoires arabes occupés, y compris la ville sainte d’El-Qods, le soutien à une solution juste et définitive au conflit du Sahara occidental à travers un référendum d’autodétermination, régulier et libre se déroulant dans la sincérité la plus totale et sans aucune contrainte", sont les points sur lesquels se sont mis d'accord les deux pays.

"Aujourd’hui, il est évident que le Royaume du Maroc a renié, en totalité ou en partie, de manière grave et répétée, les quatre engagements fondamentaux qui constituent la base essentielle et le socle normatif sur lesquels s’appuie la normalisation des relations entre les deux pays", constate le chef de la diplomatie algérienne.

"Le Royaume du Maroc a fait de son territoire national une franchise diplomatique et une tête de pont pour planifier, organiser et soutenir une série d’actions hostiles et caractérisées contre l’Algérie. Les dernières en date concernent les accusations insensées et les menaces à peine voilées proférées par le ministre israélien des Affaires étrangères en visite officielle au Maroc et en présence de son homologue marocain qui a manifestement été l’instigateur de tels propos injustifiables", poursuit le ministre.

"Il faut bien se rendre compte que jamais depuis 1948 un membre d’un gouvernement israélien n’a été entendu émettre des jugements et proférer des messages contre un pays arabe à partir du territoire d’un autre pays arabe. Cette performance inégalable de l’Etat marocain, contraire à la cohérence de l’Histoire, est révélatrice d’une hostilité extrême et d’une fuite en avant sans discernement ni limites", déplore-t-il.

"Sur le plan de la sécurité régionale, le fait pour les autorités marocaines d’introduire une puissance militaire étrangère dans le champ maghrébin et d’inciter son représentant à tenir des propos fallacieux et malveillants à l’encontre d’un pays voisin constituent un acte grave et irresponsable qui viole les dispositions de l’article 5 du Traité de fraternité, de bon voisinage et de coopération ainsi que les engagements souscrits au titre du communiqué conjoint du 16 mai 1988", note-t-il.

 

=La rupture des relations diplomatiques n'affectera pas la situation des résidents=

 

Parmi les actions hostiles du Maroc, Lamamra citera "la collaboration active et documentée du Royaume du Maroc avec deux organisations terroristes dites MAK et RACHAD dont les derniers crimes odieux sont liés à leur implication préméditée dans les incendies qui ont ravagé plusieurs wilaya du pays et dans le supplice et l’assassinat abjects de notre compatriote Djamel Bensmain".

Par ailleurs, dira-t-il, " l’affaire, non moins grave, du scandale Pegasus a révélé au grand jour l’espionnage massif et systématique auquel ont été soumis des responsables et des citoyens algériens ciblés par les services de renseignement marocains".

Sur un autre plan, "s’agissant de l’engagement relatif à l’organisation d’un referendum d’autodétermination au Sahara occidental, le Royaume du Maroc l’a renié, alors qu’il a été solennellement pris par le Roi Hassan II et consigné dans les documents officiels de l’OUA et des Nations Unies, et les dirigeants actuels du Royaume nourrissent désormais l’illusion de pouvoir imposer leur diktat à la communauté internationale concernant une prétendue prééminence et exclusivité de leur thèse de l’autonomie", affirme le ministre.

"Après avoir fait échouer, systématiquement et en faisant usage d’une singulière mauvaise foi, tous les efforts internationaux menés sous l’égide des Nations Unies, le Royaume du Maroc a ainsi détruit toute confiance en sa parole et en sa signature alors qu’il fait semblant de soutenir les Nations Unies dont la responsabilité est pleinement et irréversiblement engagée dans la recherche d’une solution mutuellement acceptable pour les deux parties, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, qui garantit le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination", explique encore Lamamra.

Il reproche au Maroc d'avoir retardé la construction de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) rappelant que le royaume avait décidé "unilatéralement, le 20 décembre 1995, le gel des activités des institutions de l’UMA vouant cette dernière à une mort lente".

"L’Algérie refuse les faits accomplis unilatéraux aux conséquences funestes pour les peuples maghrébins. L’Algérie refuse de continuer à entretenir une fausse normalité ayant pour effet de maintenir l’ensemble maghrébin dans une situation de grave précarité, en porte-à-faux par rapport au droit international", a assuré le ministre.

La rupture des relations diplomatiques n'affectera pas la situation des Algériens résidents au Maroc et celle des Marocains présents en Algérie, a assuré Ramtane Lamamra.


Lire aussi:Déclaration de Lamamra sur la rupture des relations diplomatiques avec le Maroc


Selon lui, la rupture des relations diplomatiques signifie  "qu'il y a un désaccord profond entre les Etats et ce désaccord profond ne doit pas toucher les deux peuples", a-t-il soutenu, faisant savoir que les consulats des deux cotés vont continuer à faire leur travail".

 

==L'Algérie présente aux côtés de la Libye et de la Tunisie, suit de près la crise du barrage de la renaissance==

 

Interrogé au sujet de la situation en Libye, M. Lamamra a jugé indispensable l'intervention des pays voisins  pour aider les Libyens à parachever le processus politique de la réconciliation nationale mené sous l'égide des Nations unies.

"Il est indispensable que les pays limitrophes puissent se réunir pour aider la Libye à parachever le processus politique de la réconciliation nationale", a-t-il déclaré.

"Le règlement de la crise libyenne doit être par les Libyens", a-t-il affirmé soulignant l'urgence de "mettre fin aux ingérences extérieures, à l'afflux des armes et d'obtenir le retrait des combattants étrangers et des mercenaires".

Concernant la situation en Tunisie, le ministre a indiqué que ce pays était menacé par des groupes terroristes tunisiens et d'autres basées en Libye. Il a précisé, dans ce contexte, que l'Algérie et la Tunisie coopéraient en matière de renseignement, de sécurité et sur le plan militaire.

Il a rappelé la position de l'Algérie rejetant toute ingérence dans les affaires internes de la Tunisie.

S'exprimant au sujet de la crise liée au barrage de la renaissance sur le Nil opposant l'Egypte, le soudan et l'Ethiopie, M. Lamamra a indiqué que l'Algérie était prête à aider ces pays à revenir à une situation de normalité dans les négociations autour de cette infrastructure.

" Le devoir de l’Algérie est de faire preuve de disponibilité, de courage, de dévouement afin d'aider ces parties à transcender une situation difficile pour se retrouver dans l’entente dans une situation de normalité qui permet aux trois peuples de bénéficier de cette ressource précieuse d’une manière organisée, transparente et équitable ",  a-t-il expliqué.

" Nous sommes encouragés de persévérer dans cette voie et nous demeurons tout à fait disponibles et au service de la stabilité et de la prospérité des trois peuples frères et de leurs efforts ", a-t-il ajouté.

" Les trois parties considèrent que l’Algérie n'a pas d’agenda additionnel et qu’elle ne pouvait pas se résigner à une dégradation de la situation entre les pays qui lui sont très proches", a-t-il assuré.

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