60e anniversaire de 11 chouhada guillotinés à Ain Bessam: le moudjahid condamné à mort Ali Drafli honoré par Machâal El-Chahid

Publié le : mardi, 01 août 2017 17:15   Lu : 30 fois
60e anniversaire de 11 chouhada guillotinés à Ain Bessam: le moudjahid condamné à mort Ali Drafli honoré par Machâal El-Chahid
APS PHOTOS © 2017

BOUIRA - Le moudjahid condamné à mort par les autorités judiciaires coloniales, Ali Drafli, a été honoré mardi à Ain Bessam (Ouest de Bouira) lors d’une cérémonie organisée par l’association Machâal El-Chahid à l'occasion de la commémoration du 60ème anniversaire des 11 chouhada guillotinés par l'armée coloniale.

Dans une brève allocution prononcée en présence de plusieurs compagnons d’arme et autres moudjahidine de la région du centre du pays, le président de l’association organisatrice de cet évènement, Abbad Mohamed, a rendu un  vibrant hommage au moudjahid, louant ses valeurs de courage et de patriotisme.

"Drafli Ali restera un symbole de nationalisme et de lutte pour la liberté et l’indépendance. Ammi Ali a préféré sacrifier sa vie pour libérer le pays du joug colonial, et maintenant c’est à nous de reconnaître l’ampleur de ses sacrifices en lui rendant cet hommage", a souligné M. Abbad lors du Forum de la mémoire organisé par l'association Machâal El-Chahid et le Quotidien El-Moudjahid en collaboration avec l'Organisation nationale des moudjahidine (ONM).

L’enseignant Mohamed Lahcen Zghidi a, pour sa part, saisi cette occasion historique pour rendre un hommage appuyé à "cet homme courageux qui a pu échapper en 1960 à la guillotine en s’évadant de la prison d'Angers (France) en compagnie de quatre autres moudjahidine, eux aussi condamnés à mort". Des témoignages similaires ont été livrés par ses compagnons d’arme présents à cette rencontre.

Le 02 janvier 1935 à Ain Bessam, Ali Drafli, restera une fierté pour toute la région du centre du pays, et l’un des hommes courageux ayant défié l’atrocité de l’armée coloniale via une série d’actions armées menées contre l’ennemi aux environs d’Ain Bessam, selon le témoignage de M. Zghidi, qui appelle les jeunes générations à £uvrer de façon à préserver la mémoire de ces héros.

De son côté, et malgré son âge avancé et son mauvais état de santé, Ali Drafli a pu livrer les secrets de son combat contre les forces coloniales et les raisons de son emprisonnement et de sa condamnation à mort. "En 1957, nous étions un groupe de 11 Moudjahidine opérant dans la zone de Sidi Slimane près de Médéa. Un accrochage avait eu lieu avec l’ennemi. Six de nos compagnons furent assassinés et trois autres arrêtés dont moi-même", relate-t-il.

"Les forces coloniales nous ont conduit par la suite à la prison de Lambèse (Batna) avant qu’elles nous transfèrent par la suite à la prison d'Anger en France, les autorités judiciaires coloniales nous ont condamné à mort, alors que nous étions âgé de 21 et 25 ans", se rappelle-t-il.

Ali Drafli reconnaît avoir été terrifié à l´idée de mourir la tête coupée, mais le fait que "le sacrifice pour la liberté du pays en valait la peine a beaucoup atténué de ma peur", dit-il. "L'attente de la mort était insupportable. Nous vivions chaque minute qui passait en attendant l´aube comme une éternité, car nous ne savions pas, de surcroît, qui d'entre nous allait être exécuté", se rappelle M. Drafli, actuellement vice-président de l´Association nationale des anciens condamnés à mort.

"Ceux qui restaient dans la cellule au moment de l´exécution de l´un des compagnons vivaient cet instant tiraillés entre la peur, la terreur, l´angoisse et même la déprime pour certains, mais c´est le sentiment de révolte contre l´injustice et la répression françaises qui prenait à chaque fois le dessus", ajoute-t-il.

La guillotine lui donne actuellement la chair de poule. Cette réaction émotionnelle apparaît au grand jour lorsqu´il se met face à cette machine à couper les têtes, lors de ses multiples visites au Musée central de l´armée où elle est exposée à l´attention du public.

"Notre détermination et volonté de lutter pour l’indépendance du pays était énorme. C’est ce qui nous avait encouragés à penser sérieusement pour fuir la prison d'Angers malgré la sévère garde qui régnait autour. Et en 1960 nous avions pu fuir en compagnie de quatre autres condamnés à mort, à cet époque-là", se souvient-il, avant de saisir cette occasion pour réitérer son appel aux jeunes générations à travailler davantage pour  protéger l’Algérie et la préserver contre toute menace.

60e anniversaire de 11 chouhada guillotinés à Ain Bessam: le moudjahid condamné à mort Ali Drafli honoré par Machâal El-Chahid
  Publié le : mardi, 01 août 2017 17:15     Catégorie : Régions     Lu : 30 foi (s)   Partagez